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Le FRAPRU et l’ALOCAT s’inquiètent pour les oubliées de la croissance économique 11 Novembre 2014

La croissance économique connue par Rouyn-Noranda entre 2006 et 2011 a engendré une sévère pénurie de logements locatifs qui a contribué à la détérioration du sort des plus pauvres parmi ces ménages, principalement des femmes. C’est ce que constatent le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et l’Association des locataires de l’Abitibi-Témiscamingue (ALOCAT), à la lumière des données de l’Enquête nationale auprès des ménages, menée en 2011 par Statistique Canada.

C’est cette enquête qui a servi de base au Dossier noir sur le logement et la pauvreté que le FRAPRU a présenté en conférence de presse, aux côtés de l’ALOCAT.

Véronique Laflamme, porte-parole du regroupement national, précise qu’entre 2006 et 2011, la création d’emplois bien rémunérés a favorisé une hausse de 24 % du revenu médian des ménages locataires rouynorandiens qui atteint maintenant 31 817 $. Le loyer médian, lui, a augmenté de 14 % pour passer de 484 $ à 553 $ par mois. Cet accroissement fait en sorte qu’il y a moins de locataires qui doivent aujourd’hui consacrer plus de 30 % ou de 50 % de leur revenu en loyer.

Toutefois, les personnes et les familles dont le revenu n’a pas augmenté au même rythme que celui de la majorité sont plus nombreuses à vivre de graves difficultés financières, en raison de cette augmentation du coût du logement causée par la rareté d’appartements locatifs. « Ce sont principalement des femmes qui se retrouvent en plus grande difficulté qu’auparavant», affirme Mme Laflamme, en ajoutant que « le pourcentage de ménages locataires versant plus de 80 % de leur revenu en loyer a augmenté de 42 % quand c’est une femme qui en est le principal soutien financier, alors qu’il a diminué de 9 %, lorsqu’il s’agit d’un homme ».

Cette disparité entre les sexes se ressent également chez les locataires payant plus de 30 % et de 50 % de leur revenu pour se loger. Le nombre total de ménages locataires dans ces deux situations a baissé entre 2006 et 2011, mais cette diminution n’a bénéficié qu’aux hommes. Le nombre et le pourcentage de femmes vivant ces problèmes sont demeurés à peu près inchangés. « Les deux-tiers des ménages locataires, qui paient un pourcentage exorbitant de leur revenu pour se loger, ont une femme comme principal soutien financier », précise Mme Laflamme, qui en conclut qu’à Rouyn-Noranda, « les femmes locataires sont de toute évidence les oubliées de la croissance économique ».

Au total, 2090 ménages locataires consacrent plus de 30 % de leur revenu au loyer à Rouyn-Noranda, dont 810 qui en paient plus de 50 % et 420 plus de 80 %. Le FRAPRU estime que la situation est probablement pire encore, le taux de non-réponse à l’Enquête nationale auprès des ménages étant de 30 % à Rouyn-Noranda, ce qui est très élevé. Or, il a été démontré que les ménages à plus faible revenu, plus susceptibles de vivre des problèmes de logement, ont eu moins tendance à participer à cette enquête volontaire.

Mise en garde de l’ALOCAT

Le coordonnateur de l’ALOCAT, Bruce Gervais, met les locataires en garde contre la hausse des loyers à Rouyn-Noranda, d’autant plus qu’elle s’est poursuivie au cours des trois dernières années, les loyers augmentant de 7,4 % additionnels, selon des statistiques provenant de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. « Les loyers ne baisseront pas, même quand la situation économique de Rouyn-Noranda sera moins reluisante. Le coût plus élevé du logement risque alors d’affecter un nombre beaucoup plus grand de locataires. En septembre, le taux de chômage était de 6,6 % en Abitibi-Témiscamingue, ce qui est très bas pour la région, mais qu’arrivera-t-il quand il se remettra à grimper?», se demande M. Gervais.

Celui-ci a par ailleurs donné quelques statistiques sur l’ensemble de l’Abitibi-Témiscamingue. Le revenu médian y a connu une progression de 20 %, alors que le loyer médian, lui, a augmenté de 14 %. Un total de 5790 ménages locataires consacre maintenant plus de 30 % de leur revenu en loyer dans la région, dont 2135 plus de 50 % et 1020 plus de 80 %.

Le besoin de nouveaux logements sociaux

Le FRAPRU et l’ALOCAT estiment que la situation des locataires de Rouyn-Noranda et de l’Abitibi-Témiscamingue en général justifie un accroissement sérieux du nombre de logements sociaux construits dans la région.

Bruce Gervais s’offusque que, malgré la crise du logement qu’elle connait depuis plusieurs années, la région demeure un enfant pauvre en ce qui a trait au financement de nouveaux logements sociaux : «  À peine 381 logements coopératifs ou sans but lucratif ont été réalisés en Abitibi-Témiscamingue, depuis les débuts du programme québécois AccèsLogis en 1997. C’est beaucoup trop peu ». Le FRAPRU réclame le financement de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans au Québec, dont 500 en Abitibi-Témiscamingue.

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